Home La Pologne compte plus de « licornes » que les Pays-Bas et la Suisse réunis
La Pologne compte plus de « licornes » que les Pays-Bas et la Suisse réunis

La Pologne compte plus de « licornes » que les Pays-Bas et la Suisse réunis

  • Published: 7th décembre 2021

Au cours des dernières décennies, l’Europe a acquis une mauvaise réputation pour sa culture des start-up.

D’une certaine manière cela peut se justifier. Alors que les États-Unis et l’Asie ont produit des entreprises innovantes, mondialement reconnues et valant des milliards, voire des billions de dollars, l’Europe est restée en bout de course, produisant beaucoup moins de « licornes », c’est-à-dire de jeunes entreprises privées, évaluées à plus d’un milliard de dollars.

Mais la situation est en train de changer. Cette année, McKinsey a rapporté que « les start-up européennes sont créées et se développent à un rythme sans précédent », et a affirmé que « lancer une start-up, au milieu du bassin de valeur fragmenté du continent, ne doit pas nécessairement être une proposition si difficile. »

Selon Crunchbase, « le rythme de financement des startups européennes s’est également accéléré ». Le cabinet de conseil EY souligne que « l’Europe compte le plus grand nombre de villes avec des « licornes »… ce qui constitue un bon indicateur de la diversité de l’écosystème des start-up dans la région ».

Parmi les nombreux nouveaux venus sur la scène, citons la société suédoise Northvolt, spécialisée dans les batteries lithium-ion, la société néerlandaise MessageBird, spécialisée dans les communications en nuage, et la société britannique Primer, spécialisée dans les paiements, ou encore la start-up tricolore ManoMano, spécialisée dans l’e-commerce.

L’écosystème des licornes françaises a d’ailleurs fait de son côté couler beaucoup d’encre, Le Parisien évoquait récemment les 12 start-up tricolores dont la valorisation a franchi le seuil symbolique du milliard de dollars en 2021. La French Tech ne s’est jamais portée aussi bien !

Des résultats qui s’inscrivent dans une démarche européenne affirmée, comme l’évoquait en décembre dernier le commissaire européen au marché intérieur, Monsieur Thierry Breton.

Mélange hétérogène

Pourtant de nombreux obstacles persistent sur le marché européen. Citons la réglementation, la difficulté d’attirer les bons talents, l’absence d’un marché unifié avec une seule langue et une seule culture d’entreprise, les problèmes de rationalisation du marketing sur le continent et la difficulté d’attirer d’importants cycles de financement en raison d’un capital de démarrage moins important.

Un récent rapport de Politico a observé que Bruxelles est trop obsédée par la création de challengers européens – plutôt que de favoriser de nouvelles innovations – pour faire face aux géants américains comme Google et Facebook.

Pourtant, les jeunes entreprises de l’UE ont obtenu plus de fonds de capital-risque – 49 milliards d’euros – que l’Asie ou les États-Unis au premier semestre 2021.

Augmentation à l’Est

Londres, Paris et Berlin accueillent la majorité des startups européennes. Certes.

Mais il faut aussi commencer à regarder vers l’Europe centrale et orientale (PECO). Le site d’information Sifted a récemment déclaré que ces startups « gagnent de l’argent ». L’entrepreneur Alexander Chachava a fait valoir dans TechCrunch que les entreprises prometteuses restent « négligées et sous-évaluées ».

Joanna Nagadowska, coach CoActive chez Venture Capital Partnerships Google, a écrit dans un récent rapport : « Les entreprises fondées dans les PECO ont désormais une valeur d’entreprise combinée de plus de 186 milliards d’euros, soit 19 fois plus qu’en 2010. L’investissement en capital-risque a grimpé en flèche pour atteindre 4,0 milliards d’euros au cours des neuf premiers mois de 2021, et devrait atteindre 5,4 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, et nous comptons désormais 34 licornes nées dans ces régions. »

Saut à la perche

En réalité, avec un total de 10 licornes, la Pologne devance Hong Kong, le Japon ou l’Australie. Un chiffre plus conséquent que ceux de la Suède et des Pays-Bas réunis. Ils incluent LiveChat, Allegro et InPost.

« La pole position de la Pologne repose sur l’accès aux grands talents de la technologie », a déclaré à MoneyTransfers.com Wojtek Sadowski, PDG et cofondateur de Packhelp, une entreprise de livraison de commerce électronique, basée à Varsovie, qui a levé en novembre dernier 45,6 millions de dollars en série B.

« Selon Dealroom, il y a plus de 400 000 ingénieurs en Pologne, soit deux fois plus qu’en Roumanie. L’accès aux capitaux d’amorçage nationaux est bon, ce qui permet à un plus grand nombre de fondateurs d’adapter leurs produits au marché et de solliciter ensuite des investissements étrangers plus importants », a déclaré Monsieur Sadowski.

« Au fil des ans, nous avons également construit quelques pôles technologiques importants, à commencer par Varsovie, où se trouve Packhelp, qui contribuent désormais à la croissance de l’ensemble de l’écosystème. Enfin, les récents succès de startups polonaises comme DocPlanner ou Brainly prouvent que les Polonais savent comment étendre leurs activités aux marchés internationaux », a ajouté M. Sadowski.

MoneyTransfers.com a décomposé certains des chiffres clés ci-dessous afin d’obtenir une vision d’ensemble des « licornes » européennes.

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