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Les préoccupations environnementales et la COP26 vont-elles impacter notre manière de voyager dès 2022 ?

Les préoccupations environnementales et la COP26 vont-elles impacter notre manière de voyager dès 2022 ?

  • Published: 9th novembre 2021

Les préoccupations environnementales n’ont jamais été aussi présentes aussi bien dans la conscience de tous que dans l’agenda politique.

L’argument climatique a pris une place centrale dans l’actualité, à Glasgow le sommet de la COP26 bénéficiant d’ailleurs d’une plus grande couverture médiatique que n’importe laquelle de ses éditions précédentes. À travers le monde, des manifestations appelant à l’action ont eu lieu et l’activiste Greta Thunberg est devenue l’une des icônes incontournables du mouvement pour l’urgence climatique.

Bien que le rôle à jouer des gouvernements ainsi que celui des grandes entreprises soit de plus en plus évident afin de pouvoir opérer les changements déterminants, il n’en demeure pas moins que la lutte contre la crise du réchauffement climatique implique une prise de conscience et des changements dans le mode de vie de tout un chacun.

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Prenez les voyages, par exemple.

Le nombre de participants qui sont arrivés à la COP26 – décrite par certains comme le sommet de la « dernière chance » pour l’humanité d’agir pour limiter l’impact du réchauffement climatique – à bord de jets privés polluants n’était pas sans ironie.

S’ils sont peut-être l’apanage des élites mondiales, les voyages d’affaires fréquents – comme les sauts à travers l’Atlantique pour une réunion ou les navettes entre différents bureaux en Europe et en Asie – contribuent grandement à la dégradation de notre environnement.

Cependant, même les vacances des particuliers ont tendance à reposer sur des vols bon marché et des forfaits hôteliers, sans que l’on se soucie vraiment de l’impact de ces modes de transport et de ces lieux de villégiature sur l’écosystème local et mondial.

MoneyTransfers.com a examiné les données de différentes enquêtes pour évaluer l’impact des préoccupations environnementales sur l’industrie du voyage pour les années à venir.

Une étude menée par Booking.com a mis en évidence les avantages commerciaux de l’écologisation des hôtels et des destinations.

En 2021, 81% des personnes interrogées ont déclaré prévoir de séjourner dans un hébergement écologique au cours de l’année suivante ; ce chiffre n’était que de 62% en 2016.

Sur la base de ces tendances, MoneyTransfers.com a utilisé une méthode de régression linéaire pour prédire une augmentation constante de ce chiffre au cours des cinq prochaines années. Ce dernier atteindrait ainsi 85% en 2025.

Mais lorsqu’il s’agit de prendre des décisions plus respectueuses de l’environnement, les consommateurs réclament également des options plus facilement accessibles. Ils sont 71% à déclarer que les voyagistes devraient proposer davantage d’options responsables.

Des décisions difficiles à prendre

Manish Kastia, responsable de la stratégie de la société de marketing touristique Digital Dialog, a commenté ces résultats : « Des destinations aux compagnies aériennes en passant par les hôtels, nous observons définitivement plus d’entreprises du secteur du voyage et de l’hôtellerie intégrant des messages durables et écologiques dans leurs campagnes. Les consommateurs veulent voyager de manière plus responsable, cela concerne donc les préoccupations environnementales mais aussi l’impact de ces voyages sur les communautés locales. »

Manish Kastia observe : « Des questions subsistent quant au nombre de personnes prêtes à débourser davantage d’argent afin de voyager de manière plus responsable, ainsi que le degré de désagrément qu’elles sont prêtes à subir. La question est aussi de voir si nous assisterons à une véritable désaffection pour les endroits qui ont connu le surtourisme ».

Il complète : « De nombreux consommateurs estiment que c’est aux entreprises qu’il incombe de leur proposer ces choix à peu ou pas de frais supplémentaires mais ils sont également sceptiques à l’égard des allégations qui ne sont pas prouvées ou qui ressemblent à du « blanchiment écologique ». S’ils veulent faire ces choix, ils doivent vraiment croire en la différence qu’ils feront en choisissant ces options plus responsables. »

Les navetteurs mondiaux

MoneyTransfers.com a également voulu savoir comment l’énorme marché des voyages d’affaires, qui s’est pratiquement arrêté pendant la pandémie, risquait d’être affecté par les préoccupations liées à l’urgence climatique. Dans une enquête de Deloitte, 33% des cadres ont déclaré que leur entreprise s’était engagée à réduire les émissions dues aux voyages d’affaires.

Deloitte a également demandé aux entreprises quel pourcentage des dépenses liées aux voyages d’affaires devrait, selon elles, reprendre au cours de chaque trimestre de l’année prochaine. La part des entreprises affirmant qu’elles reviendraient entièrement aux niveaux antérieurs à la pandémie est passée de 16,33 % au premier trimestre à 54 % au dernier trimestre, une augmentation significative – mais qui indique également que les voyages d’affaires ne vont pas retrouver leur rythme pré-pandémie dans un avenir proche.

Suis ton propre chemin

Les pays évolueront donc à des rythmes différents et la demande sera un facteur principal de changement.

Une autre enquête de Booking.com a constaté une grande disparité dans le nombre de voyageurs du monde entier déclarant que la pandémie leur a donné envie d’explorer des options de voyage plus responsables à l’avenir.

De manière quelque peu surprenante, les consommateurs des pays en développement tels que le Brésil, la Chine et l’Inde se sont montrés plus ouverts aux options durables (78 %, 84 % et 88 % des voyageurs, respectivement) contrairement aux voyageurs des pays développés tels que les États-Unis, l’Allemagne et la France.

Aux États-Unis, l’un des plus grand émetteur de carbone de tous les temps, seulement 46% des personnes ont déclaré vouloir voyager de manière plus durable, le même pourcentage étant enregistré en France et des pourcentages encore plus faibles au Royaume-Uni (43 %) et en Allemagne (30 %).

Le secteur du voyage a connu des turbulences pendant la pandémie mais se prépare à un retour en force en 2022, lorsque les frontières s’ouvriront, que chacun retrouvera ses proches et reprendra le chemin de l’aventure.

Pris en étau entre restrictions sanitaires, enjeux environnementaux et volonté de découvrir le monde, les voyages ne vont pas disparaître mais leur approche devrait se matérialiser différemment pour les générations à venir.

Newsdesk
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